HISTOIRE

Naissance du Nicaea Water-polo

En 1999 réagissant à la décision de La Semeuse de cesser cette activité en compétition après 8 ans d’une aventure pourtant ponctuée de réussites sportives et éducatives, une quinzaine de nageurs déterminés, pour la plupart anciens poloïstes,  ont décidé de continuer l’aventure. Plusieurs possibilités ont alors été étudiées et après quelques tentatives avortées de rapprochement avec d’autres clubs , la décision a été prise à l’unanimité de créer le NWP le 7 septembre 1999.

Aujourd’hui encore certains membres fondateurs participent toujours activement à la vie du club : Patrick NAUZIN, Mathieu Solé, Renaud ARTUSIO et Vincent Genoud

 

Histoire du Water-polo

Des origines à la 2ème Guerre mondiale

Sport né de l’imagination débordante de nos voisins britanniques au XIXème siècle, le water-polo a traversé les âges. C’est dans les prémices de cette histoire que nous vous proposons de plonger aujourd’hui.

Si l’on trouve des traces d’un jeu de ballon dans l’eau (des thermes) dès la Rome Antique, c’est bien chez nos voisins anglais que naît le water-polo. Qui n’a pas vu en effet cette gravure où des ouvriers du port de Londres, juchés sur des tonneaux flottants ornés de tête de chevaux et armés de maillets, tapent dans  une vessie de porc dans une sorte d’imitation du… polo, très prisé par l’élite britannique.

A l’image du rugby et du football, lentement codifiés durant tout le XIXème siècle, le water-polo va évoluer, au gré des rencontres et des innovations apportées au fur et à mesure par les pratiquants.

On relate qu’en 1869, à Bornemouth, les joueurs qui évoluent dans un champ de jeu de… 50 mètres doivent placer la vessie de porc sur le bateau de l’équipe adverse à l’autre bout du terrain.

Ainsi encore ce match, en piscine cette fois, qui se déroule au Chrystal Palace en 1874 et où l’on utilise, pour la première fois semble-t-il, un ballon en caoutchouc rempli d’air et importé des Indes. Petit inconvénient, ce ballon que les pratiquants s’ingéniaient parfois à cacher sous leur maillot avait tendance à… exploser régulièrement. La principale tâche du gardien de but étant de sauter sur l’adversaire qui portait la balle !

Plutôt viriles, ces premières expériences prennent parfois l’allure de batailles aquatiques rangées. En particulier de l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis où ce sport s’exporte avec succès dès la fin du XIXème siècle comme en attestent les quelques 14 000 spectateurs réunis en 1888 au Madison Square Garden, pour assister à une rencontre de ce qu’on pourrait qualifier de  football américain aquatique. Parmi les témoignages montrant la violence des débats, un journaliste emploiera par exemple le terme de « mort de masse dans l’eau », tandis que le « saumon sautant » – pratique qui consistait à propulser un coéquipier hors de l’eau pour qu’il marque un but – était très appréciée des spectateurs.

Fort heureusement ce sont les règles « douces », codifiées par l’Ecossais William Wilsonen 1877 (1), qui vont petit à petit s’imposer. D’abord dans le championnat d’Angleterre qui voit le jour en 1888, puis dans la plupart des pays d’Europe. Le water-polo s’impose en effet à travers le Vieux continent, en Allemagne en 1893, en Autriche l’année suivante, en Belgique en 1895, et la première rencontre internationale, Angleterre-Ecosse, est organisée en 1890.

La France ne reste pas longtemps à l’écart du mouvement et si le premier match se déroule au Nouveau Cirque de Paris en 1895, c’est dans le Nord que le water-polo trouve sa terre de prédilection. Et c’est « en toute logique » que le club des Pupilles de Neptune de Lilledécroche, en 1900, le premier titre de champion de France.

Premier « sport co » aux J.O. !

En 1900 à Paris, le water-polo devient (avec le rugby) le premier sport collectif à apparaître au programme des Jeux olympiques modernes ! Les équipes nationales n’étant pas encore structurées, c’est le club britannique de l’OsborneSwimming Club qui s’impose en finale de cette première édition face au Club de Natation et Water-Polo de Bruxelles, tandis que les Pupilles de Neptune de Lille et les Libellules de Paris se partagent la troisième place.

Quatre ans plus tard, dans un tournoi olympique boycotté par les Européens en raison des l’utilisation des règles américaines, c’est le New-York Athletic Club qui décroche la médaille d’or sans que les résultats de ce tournoi apparaissent officiellement au palmarès des Jeux.

Fondée juste avant les J.O. de Londres en 1908, la Fédération Internationale de Natation Amateur (FINA) codifie encore un peu plus les règles du water-polo (2) qui allaient régenter le tournoi olympique de 1908 remportée par l’équipe d’Angleterre qui s’imposera à nouveau en 1912 et 1920. Paul RadmilovicCharles Sydney Smith et George Wilkinson en profitent pour entrer dans la toute jeune histoire de ce sport en remportant trois titres olympiques.

En France, après la domination des clubs parisiens des Libellules et du CA qui remportent le championnat de 1902 à 1908, arrive le règne des Enfants de Neptune de Tourcoing. Entre 1909 et 1951, les Nordistes n’abandonneront le titre qu’une fois, en 1924, aux Libellules de Paris.

Paradoxalement, c’est cette même année, 1924, que l’équipe de France, principalement composée de Tourquennois, décroche l’or olympique à Paris (3). Après avoir battu les Etats-Unis (3-1), les Pays-Bas (6-3) et la Suède (4-2) lors des tours préliminaires, les Tricolores dominent en finale la Belgique sur le score de 3 à 0 grâce à deux buts de Robert Desmettre et un d’Henri Padou père (http://www.olympic.org/video-fr/paris-1924-equipe-francaise-de-waterpolo).

Quatre ans plus tard, à Amsterdam, Dujardin et Padou, désormais associés à Emile Bulteel (ENT), Albert Thévenon (Libellules), Henri Cuvelier (ENT), Achille Tribouillet (ENT) et Albert Vandeplancke (ENT) montent sur la troisième marche du podium pour recevoir ce qui est à ce jour la dernière médaille olympique de l’équipe de France.

Lors de ce même tournoi olympique, la Hongrie, dont l’entraîneur Bela Komjadi « invente » la « passe sèche » (sans que le ballon ne tombe dans l’eau), termine deuxième, inaugurant ainsi une incroyable période de 52 ans durant laquelle les Magyars allaient toujours prendre place sur le podium des J.O. !

Mais ceci est déjà une autre histoire

1 : Les principales règles de William Wilson (1877)

Durée du match : 20 mn

Dimensions du terrain : 8x17m avec au moins 90 cm de profondeur

Au début du match, l’arbitre jetait le ballon au milieu du terrain et les joueurs démarraient de leurs côtés… comme aujourd’hui

Le ballon pouvait être apporté n’importe comment au-dessus ou au-dessous de l’eau. L’attaque d’un joueur sans ballon est sanctionnée d’un coup franc.

Il était interdit aux joueurs de se mettre debout dans l’eau.

Le but était une cage de 3 x 10 pieds (91 cm de haut pour 3,04m de large), soit presque les mêmes dimensions qu’aujourd’hui (0,90m X 3m)

Avant l’exécution du coup franc qui sanctionnait une infraction au règlement, les joueurs n’avaient pas le droit de bouger dans l’eau.

2 : Les nouvelles règles des J.O. de 1908

Durée du match : 14 mn

Les joueurs ne pouvaient toucher la balle qu’à une seule main

Le gardien ne pouvait quitter une zone de 4 yards à partir de son but

La notion de faute grave comme le

Un joueur commettant une faute grave devait quitter le terrain jusqu’à ce qu’un but soit marqué

Une faute grave à l’intérieur d’une ligne de 4 yards était sanctionnée d’un penalty titré depuis cette même ligne

3 : La composition de l’équipe de France championne olympique en 1924

Paul DUJARDIN (Enfants Neptune Tourcoing) : gardien

Noël DELBERGHE (Enfant Neptune Tourcoing) : arrière droit

Georges RIGAL (Libellules de Paris) : arrière gauche

Henri PADOU (Enfants Neptune Tourcoing) : demi

Robert DESMETTRE (Enfants Neptune Tourcoing) : avant gauche

Albert MAYAUD (Libellules de Paris) : avant centre

Albert DESBORGIE (Enfant Neptune Tourcoing) : avant droit

Jean Lasquin (SCUF), René Bertrand, André fasani et J. Pérol (Libellules de paris) ne sont pas entrés en jeu pendant les quatre rencontres olympiques.

 

Les temps modernes (1950-2000)

La Seconde Guerre mondiale et les profondes transformations sociétales et politiques qu’elle entraîne à l’échelle planétaire ne restent pas sans influence sur le water-polo qui se trouvent de nouvelles règles et de nouveaux héros.

L’horreur du deuxième conflit planétaire du XXème siècle est encore présente dans toutes les mémoires quand Londres accueille les Jeux de 1948. Et en particulier dans celle deJeno Brandi, champion olympique avec la Hongrie en 1936 dans une ville de Berlin où flotte alors le drapeau nazi et récompensé de l’argent olympique douze ans plus tard !

Si les règles, héritées de l’avant-guerre, ne permettent pas encore un jeu véritablement mobile, les Italiens apportent un souffle de nouveauté sur le water-polo mondial. Pasquale Buonocore, Emilio Bulgarelli, Cesare Rubini, Geminio Ognio, Ermenegildo Arena, Aldo Ghira, Tullo Pandolfini, Mario Maioni et Gianfranco Pandolfini en profitent pour décrocher la première consécration olympique pour le « Settebello ».

Signe de ces temps qui changent, le « water-polo arrêté » est abandonné en 1950. Dès lors, les déplacements, autorisés pendant toutes les phases de jeu, mettent en avant qualités natatoires et condition physique, tout autant que le maniement du ballon.

Disputés à Helsinki, les Jeux olympiques de 1952 voient le retour de l’équipe de Hongrie, emmenée par Dezso Gyarmati, sur la plus haute marche du podium. Doté d’une vitesse de déplacement redoutable pour l’époque (58’’5 au 100 mètres nage libre), ce Magyar, décédé en 2013 à l’âge de 87 ans, est à ce jour le poloïste le plus titré de l’histoire olympique. Sacré à trois reprises en 1952, 1956 et 1964 (comme son compatriote Gyorgy Karpati), il remporte également l’argent en 1948 et le bronze en 1960. Sa carrière de joueur achevée, il connaîtra un nouveau sacre olympique, mais en tant qu’entraîneur cette fois, en 1976 !

« Le bain de sang » de Melbourne

Pendant que les souvenirs du deuxième conflit mondial s’estompent peu à peu, c’est une autre guerre, « froide » cette fois, qui divise la planète. Une nouvelle fois le water-polo ne peut rester à l’écart de l’histoire qui s’écrit en particulier dans une Europe de l’est sous tutelle soviétique. Le monde sportif mondial se prépare en effet à participer aux Jeux olympiques de 1956 à Melbourne quand éclate la « Révolution hongroise ». Programmés pendant l’hiver européen, mais durant l’été austral, les J.O. s’ouvrent le 22 novembre, quelques jours à peine après que les troupes de Staline n’aient écrasé dans le sang la volonté d’autonomie des Magyars et le jour même où le président de la république hongroise, Imre Nagy, est arrêté par l’Armée Rouge.

Les hasards du tournoi olympique de water-polo font que les deux équipes nationales, soviétique et hongroise, se retrouvent en demi-finale. Viril, le match dégénère quandValentin Prokopov assène un coup de tête à Ervin Zandor (qui deviendra plus tard l’entraîneur de Mark Spitz). Les deux équipes en viennent aux mains, les blessés sont nombreux, le sang rougit la piscine et l’arbitre doit arrêter la rencontre que les Hongrois remportent finalement sur le score de 4 à 0 pendant que la police australienne protège l’équipe russe que les spectateurs prennent violemment à partie. La photo de Zandor quittant le terrain ensanglanté fait le tour du monde et « le bain de sang » de Melbourne reste à jamais graver dans l’histoire politico-sportive des Jeux olympiques.

Quelques jours plus tard, la Hongrie remporte un deuxième titre consécutif en battant la Yougoslavie de Tito, un autre opposant à Staline, en finale.

Les années qui suivent sont heureusement plus calmes pour le water-polo mondial qui en profite pour peaufiner ses règles. A ce titre les Jeux de Rome, en 1960, marquent un tournant avec la division de la rencontre entre quatre périodes de… 5 minutes, au lieu de deux mi-temps de 10 minutes, tandis que les changements de joueurs sont autorisés entre chaque période.

En 1969, nouveaux changements de fond avec l’apparition d’un temps de possession du ballon de 45 secondes par équipe, avec l’autorisation d’effectuer des changements de joueurs après un but ou encore avec le temps d’exclusion d’un joueur fixé désormais à une minute… Si ces règles vont encore évoluer au fil du temps et si d’autres vont venir les compléter par la suite, le water-polo atteint véritablement sa maturité sportive.

Au plan des résultats, l’équipe de Hongrie, sacrée à nouveau championne olympique en 1964 puis en 1976, doit cependant partager la suprématie mondiale avec l’URSS(championne olympique en 1972 et 1980) et la Yougoslavie (1968, 1984, 1988).

Vingt-six ans après Melbourne, l’histoire politique internationale fait à nouveau irruption dans le monde du water-polo à l’occasion des J.O. de Barcelone. Championne olympique en titre, la Yougoslavie vient en effet d’imploser pour accoucher, dans le sang, d’une Fédération yougoslave associant Serbie et Monténégro d’une part, et de plusieurs autres états indépendants comme la Croatie, la Bosnie-Herzégovine ou la Slovénie, d’autre part.

Si la guerre qui ravage alors l’ancien territoire yougoslave empêche les différentes équipes de water-polo de ces pays d’être présentes à Barcelone, elle prive aussi le tournoi olympique de la plupart des plus grandes stars de ce sport.

Dubravko Simenk, sacré avec la Yougoslavie en 1988, décrochera cependant l’argent en 1996 avec la Croatie. Quant à Alexandar Sostar, lui aussi champion olympique en 1988, il devra attendre 2000 pour retrouver le podium avec l’équipe de Yougoslavie (Serbie et Monténégro), troisième des J.O. de Sydney.

Le triomphe du water-polo latin

Après le règne sans partage des pays de l’est dans le concert olympique pendant trois décennies, les équipes occidentales relèvent enfin la tête. D’abord par l’intermédiaire de l’Italie qui remporte un troisième titre olympique en 1992 à Barcelone face à l’Espagne, à l’issue d’une finale haletante qui verra les deux formations disputer six prolongations pour parvenir à se départager. Aux commandes de l’équipe transalpine(1), un certain Ratko Rudic, sorcier du water-polo. Médaillé d’argent en tant que joueur en 1980 avec la Yougoslavie, ce Serbe est à ce jour l’entraîneur le plus titré aux J.O. avec quatre titres (1984 et 1988 avec la Yougoslavie, 1992 avec l’Italie et 2012 avec la Croatie).

Après l’Italie, c’est l’Espagne qui impose le jeu latin basé sur le mouvement et décroche l’or en 1996 avec Manuel Estiarte comme chef d’orchestre. Elu à sept reprises meilleur joueur du monde (de 1986 à 1992), l’Espagnol atteint la consécration suprême pour sa cinquième participation aux J.O. (présent à Moscou en 1980 alors qu’il n’a que 19 ans, il sera encore présent à Sydney en 2000).

Du côté du water-polo hexagonal, la domination tourquennoise prend définitivement fin en 1964. Commence alors le règne sans partage (à l’exception des saisons 1971, où le titre n’est pas attribué, et 1972, où il revient au Pélican Club Valenciennes) du Cercle des Nageurs de Marseille qui va durer jusqu’en 1991. Mais c’est au Cacel de Nice (champion de 1992 à 1995), puis à l’Olympic Nice Natation (champion de 1997 à 2004) que reviennent l’honneur de ponctuer victorieusement cette fin de IIème millénaire.

Au plan international, si l’équipe masculine se qualifie pour les J.O. de Séoul en 1988 (10ème) et Barcelone en 1992 (11ème), c’est plutôt du côté des femmes qu’il faut chercher les résultats les plus probants. Médaillées de bronze lors des championnats d’Europe de 1987 et 1989,  les Bleues rateront cependant l’apparition du water-polo féminin au programme olympique en 2000 (à suivre).

1 – Composition de l’équipe italienne championne olympique en 1992 : Francesco Attolico,Alessandro BovoAlessandro CampagnaPaolo CaldarellaMassimiliano FerrettiGiuseppe PorzioMarco D’AltruiMario FiorilloFerdinando GandolfiAmedeo PomilioFrancesco PorzioCarlo Silipo

 

L’ère contemporaine (2000-2014)

Les années passent, les règlements changent, mais les Hongrois restent au top comme en attestent les trois titres olympiques consécutifs remportés par Benedek et ses camarades en 2000, 2004 et 2008. Tandis que les femmes gagnent à leur tour le droit de se disputer le Graal.

Si tout n’est pas question de génération chez les Hongrois, tant il est vrai que leur emprise sur le water-polo international ne date pas d’hier (voir articles précédents), il faut toutefois reconnaître que le début du troisième millénaire voit arriver en même temps à maturité une pléiade de joueurs exceptionnels. Ils seront ainsi six, Tibor BenedekPeter BirosTamas KasasGergely KissTamas Molnar et Zoltan Szecsi à être sacrés trois fois consécutivement champions olympiques au sein d’une équipe magyare qui domine la planète water-polo !

Et pourtant l’opposition n’a peut-être jamais été aussi forte. En particulier avec les nations issues de l’ex-Yougoslavie puisque Serbes et Monténégrins ensemble (champions d’Europe en 2001 et 2003, champions du monde en 2005), Serbes (champions d’Europe en 2012 et 2014, champions du monde en 2009) et Monténégrins (champions d’Europe en 2008) séparément ou encore Croates (champions d’Europe en 2010, champions du monde en 2007, champions olympiques en 2012) raflent quasiment tout ce qui ne tombe pas dans l’escarcelle des Hongrois. Quelques miettes revenant également aux Espagnols (champions du monde 2001) ou aux Italiens (champions du monde 2011).

Du mieux pour les « Bleus »

Dans ce contexte international, l’équipe de France masculine, longtemps absente des grands rendez-vous, a cet été retrouvé le gotha continental, 11 ans après sa dernière participation à l’Euro, et pris la 10ème place de la compétition. Désormais entraînés parFlorian Bruzzo, les « Bleus » (1), qui participent également cette saison à la Ligue mondiale, se prennent à rêver d’une qualification pour les Jeux olympiques de 2016 qui les fuit depuis 1992 !

Dans l’Hexagone, la domination du Cercle des Nageurs de Marseille, mise à mal lors de la décennie précédente par Nice, reprend son cours, avec toutefois un nouvel empêcheur de tourner en rond en la personne du Montpellier Water-Polo qui remporte le titre national en 2012 et 2014.

Egalement présentes à l’Euro hongrois qu’elles terminent au 7ème rang, les filles de Filippos Sakellis (2) ont quant à elle leur billet en poche pour les mondiaux de Kazan en juillet prochain, chose qui n’était pas arrivée depuis 2003. Elles peuvent elles-aussi rêver d’une qualification olympique puis qu’un tournoi féminin a été rajouté au programme des J.O. en 2000 à Sydney.

Dotées d’un championnat d’Europe depuis 1985 et d’un championnat du monde l’année suivante, les filles ont en effet dû attendre le troisième millénaire pour s’ouvrir les portes de l’olympe poloïstique. Premières à être consacrées (et médaillées de bronze en 2008 et 2012), les Australiennes ont dû depuis abandonner le leadership planétaire à l’Italie (championne du monde en 2001, championne olympique en 2004), aux Pays-Bas (championne olympique 2008) ou aux Etats-Unis (championnes du monde en 2003, 2007 et 2009 – championne olympique en 2012). Pas encore vraiment établie, la hiérarchie féminine laisse également la place à des « surprises » comme en témoignent les sacres mondiaux de la Hongrie en 2005, de la Grèce en 2011 ou de l’Espagne en 2013.

Longtemps dominé par l’AspttNancy qui remporte 13 titres entre 1994 et 2008, le championnat de France féminin met d’abord le cap au sud avec les six titres (dont 5 consécutifs entre 2009 et 2013) de championnes de France conquis par les filles de l’Olympic Nice Natation, avant de voir l’émergence du Lille Université Club consacré pour la première fois en 2014.

A noter également qu’en 2013, les clubs féminins et masculins de l’élite tricolore se sont organisés au sein d’une Ligue Promotionnelle de Water-Polo (LPWP) qui, outre la gestion des championnats nationaux désormais appelées Pro A masculine et féminine, entend bien permettre au water-polo français de prendre le virage du professionnalisme déjà franchi dans bien d’autres pays.

Du côté du règlement, le Congrès de la FINA tenu en juillet 2005 à Montréal marque un nouveau tournant dans l’histoire du water-polo en instituant les règles qui régissent encore actuellement ce sport et dont nous vous rappelons les principales :

  • quatre périodes de 8 minutes(au lieu de 7 précédemment) avec une pause de 5 minutes entre la 2ème et la 3ème
  • temps de possession du ballon par équipe de 30’’(au lieu de 35 précédemment)
  • interdiction pour les joueurs de « défendre » à deux mains
  • exclusion de 4mn plus un penaltypour brutalité (au lieu d’une exclusion définitive sans remplacement auparavant)
  • corner quand c’est le gardien qui sort le ballon derrière ses buts (et plus quand c’est un joueur de champ comme cela était le cas jusqu’alors)
  • remplacement des lignes de 4m (zone de penalty) et de 7m (zone au-delà de laquelle le coup franc direct était autorisé) par une seuleligne à 5m

Et demain ?

Si le récent congrès de la FINA (Doha – novembre 2014) n’a pas modifié ces règles, l’organisation internationale expérimente trois nouveautés à l’occasion de prochaines compétitions

  • un champ de jeu réduit à 25x20m pour les éditions 2015 et 2016 de la Ligue mondiale
  • une diminution du nombre de joueurs sur la feuille de match (11 au lieu de 13) et « dans l’eau » (6 au lieu de 7 dont un gardien) et une diminution de la taille du ballon pour les garçons dans le cadre des championnats du monde juniors (filles et garçons) 2015 et des championnats du monde de la jeunesse (filles et garçons) 2016

De là à dire que les années qui arrivent pourraient voir le water-polo connaître de nouveaux changements, il n’y a qu’un pas que les observateurs les plus avertis franchissent déjà aisément.

 

LES GRANDS CLUBS EUROPÉENS

Mladost Zagreb (Cro)

7 Ligues des Champions (1) : 1968, 1969, 1970, 1972, 1990, 1991,1996

2 Coupes des vainqueurs de coupe : 1976, 1999

1 Eurocup (2) : 2001

3 Supercoupe : 1976, 1990, 1996

 

Partizan Belgrade (Serb)

7 Ligues des Champions : 1964, 1966, 1967,1971, 1975, 1976, 2011

1 Coupe des vainqueurs de coupe : 1991

1 Eurocup* en 1998

2 Supercoupe : 1991, 2011

 

Pro Recco (Ita)

7 Ligues des Champions (1) : 1965, 1984, 2003, 2007, 2008, 2010, 2012

4 Supercoupe : 2003, 2007, 2008, 2010

 

1 : S’appelait Coupe des Champions de 1964 à 2003, puis Euroligue jusqu’en 2011 et Ligue des champions depuis

2 : s’appelait LEN Trophy avant 2012

LES GRANDS CLUBS FRANÇAIS

Enfants Neptune Tourcoing

45 titres de champion de  France (1909, 1910, 1911, 1912, 1913, 1914, 1915, 1916, 1917, 1918, 1919, 1920,  1921, 1922, 1923, 1925, 1926, 1927, 1928, 1929, 1930, 1931, 1932, 1933, 1934, 1935, 1936, 1937, 1938, 1939, 1940, 1941, 1942, 1943, 1944, 1945, 1946, 1947, 1948, 1950, 1952, 1953, 1954, 1957, 1964)

14 participations en Coupe d’Europe

Cercle des Nageurs de Marseille

34 titres de champion de France (1965, 1966, 1967, 1968, 1969, 1970, 1973, 1974, 1975, 1976, 1977, 1978, 1979, 19780, 1981, 1982, 1983, 1984, 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1996, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2013)

39 participations en Coupe d’Europe (½ finale de la LEN Trophy en 2011)

CACEL Nice*

4 titres de champion de France (1992, 1993, 1994, 1995)

1993 : ½ finaliste de la Coupe des Champions

L’effectif : Christian Volpi, Jean-Roch Bruneton, Patrice Tillie, Jean-Luc Noens, Dimitri Apanesenko (Rus), Emmanuel Charlot, Zoltan Sandor (Hon), Pascal Loustaneau, Sergej Ivlev (Rus), Emmanuel Ducher, Nicolas Jeleff, Marc Jaillard, François Besson, Christian Jaillard. Entraîneur : Itsvan Gorgenyl (Hon)

Olympic Nice Natation

8 titres de champion de France (1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004)

 

* En 1995, l’activité water-polo du CACEL, en liquidation judiciaire, a été « reprise » par l’Olympic Nice Natation

(source site : lpwp.fr écrit par J.P. CHAFES)